Bonjour à toutes et tous. Ça fait un petit moment que je voulais faire un billet sur la couleur, mais le domaine est si vaste que je remettais toujours à plus tard. En fait, ma difficulté était de trouver l’angle le plus juste pour que les bases soient comprises par le plus grand nombre, je voulais faire court et pratique, et puis en commençant à écrire je me suis aperçu que ce ne serait pas possible. J’ai donc choisi de réaliser plusieurs articles, qui, je l’espère, vous aideront à apprivoiser la couleur. Je vais donc essayer de vulgariser les bases sans pour autant en développer la théorie, il y a des spécialistes qui ont déjà fait cela dans de gros livres, pas forcément à la portée de tous. Pour ma part, je vais mettre l’accent sur la perception des couleurs et leurs effets visuels sur l’observateur.

Comment définir la couleur et la contrôler ? C’est la question récurrente qui revient lors de mes formations, quand j’explique l’importance de la couleur dans une composition. La couleur est la base d’expression de l’artiste et son langage. La couleur est une des données fondamentales des arts plastiques. C’est pourquoi il est essentiel de comprendre et de savoir utiliser les couleurs afin de s’exprimer pleinement. Que ce soit une peinture, une interface graphique, un logo, un visuel, avec de vrais matériaux ou en numérique, la couleur ne doit pas être considérée comme un accessoire d’habillage, mais comme un élément intrinsèque d’une composition. Trop de personnes négligent la couleur ce qui conduit à des visuels fort désagréables à regarder ou qui véhicule un message contraire à l’idée première.

Pour commencer, il faut savoir que la couleur est la perception visuelle du spectre électromagnétique de la lumière composé de photons (et moi qui croyais que l’on allait parler peinture…). Le soleil produit une lumière blanche, qui se compose de plusieurs longueurs d’onde, correspondantes chacune à une couleur (j’ai dû me gourer de salle, c’est un cours sur l’électricité et le magnétisme…). Évidemment la vitesse de la lumière n’étant pas perceptible par l’œil humain, il faut user d’astuces pour permettre à l’oeil de les apercevoir (en fin de compte, je vais rester, il va bientôt parler de Star Wars…). Parmi ces astuces, Isaac Newton fut l’un des premiers à décomposer la lumière à l’aide d’un prisme de verre. Le verre est une matière dispersive, qui va par son indice de réfraction, abaisser la vitesse de la lumière et révéler les différentes ondes électromagnétiques composant la lumière (et Star Wars ?). De cette manière nous apercevons la gamme des couleurs visibles par l’œil humain qui compose la lumière, ces mêmes couleurs que l’on peut apercevoir dans un arc en ciel, lorsque les conditions le permettent (OK, on ne parle pas de Star Wars alors…). Il est accepté de dire que la lumière se compose de 7 couleurs, qui sont le rouge, l’orange, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo et le violet. Je dis accepté, car nous savons aujourd’hui qu’il y en a plus, environ une vingtaine ayant une longueur d’onde mesurable et perceptible par l’œil. L’œil ne peut percevoir les rayonnements électromagnétiques qui sont en deçà ou au-delà de ses possibilités, tels les rayons gama, les rayons X, les ultraviolets, les infrarouges et les ondes radio, ces derniers ne seront donc pas considérés comme lumière. (Je ne regarderais plus les arcs en ciel de la même façon…)

Pour terminer ces quelques explications techniques sur la lumière, vous avez dû constater que la plupart des éclairages artificiels ne diffusent pas les couleurs de la même façon que la lumière du jour. La raison en est, que chaque source lumineuse a des fréquences électromagnétiques différentes de la lumière du jour, car chaque source lumineuse qu’elles soient naturelles ou artificielles émet des ondes électromagnétiques. Pour comparer toutes ces sources lumineuses, nous allons en mesurer la température, qu’elle soit effective ou virtuelle, et la valeur sera mesurée en Kelvins (à ne pas confondre avec le Lumen qui mesure la puissance lumineuse et le Lux qui mesure la surface éclairée). Retenez bien ce terme de température et cette mesure, car ils seront votre étalon de mesure en photo et en retouche numériques pour réaliser les ajustements des balances des blancs. Et nous verrons que la température des couleurs à son importance, même en peinture traditionnelle.

J’en ai terminé avec cette partie très technique, mais essentielle pour vous expliquer d’où viennent les couleurs et pourquoi elles sont liées à la lumière, de plus à aucun moment, il n’a été question du noir comme couleur. Le noir dans la nature n’existe pas. Le noir est en fait un manque d’information dû à un manque de lumière. Que l’on vous enferme dans une pièce sans porte ni fenêtre et vous serez dans le noir absolu, sans aucun repère visuel ! Vous ne pourrez pas estimer les distances et les hauteurs, vous ne pourrez même pas apercevoir le bout de votre nez. Là, vous aurez une idée de ce qu’est le vrai noir, un manque total d’information visuel. Autre exemple, et j’arrête avec cette phobie du noir, une voiture toute noire, qu’elle soit matte ou brillante, n’a pas l’apparence d’une tache noire dans le paysage ? Au contraire vous en apercevez les formes, les courbes et les parties angulaires, vous en déterminez le haut et le bas, vous pouvez même appréhender et imaginer le côté opposé à votre vue. Et pourquoi ? Grâce à la lumière. Elle éclaire votre sujet, elle rebondit sur la matière et dessinent les volumes de l’objet. Si vous aviez sur vous un colorimètre et pouviez prélever les couleurs qui composent cette voiture noire, vous constateriez qu’elles sont composées de toute sorte de nuances sombres, mais jamais d’un noir profond, et pourtant la peinture qui a servi à peindre la voiture était d’un noir profond. Mais dès que nous sommes dans un environnement lumineux, le noir disparait.

Et le blanc ? Et bien le blanc est le contraire d’un manque d’information lumineuse, quand il y a trop de lumière, voir énormément, nous sommes éblouies et toutes les informations de couleur et de volume disparaissent à nos yeux. C’est ce qui se passe avec les éclairages de face, ce que l’on appelle les contres jours. Plus la source lumineuse est éclatante, plus les objets et personnes qui se trouvent entre la lumière et vous, vont perdre leurs informations de couleur et de volume et apparaitre comme des formes noire. Les ombres chinoises, vous connaissez ? Et bien c’est l’équilibre réalisé entre la lumière de face, l’objet placé devant cette lumière et la limite de perception de votre oeil. Mais rappelez-vous, le blanc le plus pur au même titre que le noir le plus profond n’existe pas dans la nature. Pour le blanc pur, je crois que certaines lessives y arrivent, mais pas sur…

 Voilà pourquoi les peintres dans leur ensemble, ont toujours fui les pigments noirs, car on ne les retrouve pas dans la nature. Le noir et le blanc sont en fait des inventions humaines pour répondre à des problématiques techniques. En imprimerie il serait difficile, voire impossible, de restituer sur papier, la reproduction de peinture faite sans pigment de noir, quel paradoxe. Ainsi vous apprécierez bien mieux une peinture dans un musée que dans un livre. La technique à ses limites, voilà pourquoi nous ajoutons le noir aux trois couleurs primaires, qui sont le cyan, le magenta, et le jaune, avec lesquels nous pouvons restituer toutes les autres couleurs,  ce qui nous donne en imprimerie le profil CMJN (cyan, magenta, jaune et noir, en anglais CMYK, cyan, magenta, yellow, key(pour clé au sens de valeur noire), le blanc étant déterminé par le support. Malgré tout, sur certains supports sombres (ex : t-shirt noir avec visuel couleur), il sera au préalable procédé à une passe de blanc pour recevoir sans perte les autres couleurs.
C-Monet-La-Meule-de-foinNous voyons bien dans cette peinture de Claude Monet, comment il a interprété les ombres et les lumières de cette fin de journée en utilisant des couleurs complémentaires et tertiaires.
 

Comme je viens de parler du CMJN, de quadrichromie, qui correspond à l’imprimerie et à la peinture traditionnelle, je vais expliquer rapidement ce qu’est le CMJN. Le CMJN utilise les trois couleurs en synthèse soustractive (définition) pour reproduire un large spectre colorimétrique. En théorie, en mélangeant les trois couleurs dans certaine proportion nous pouvons allez jusqu’au noir, cependant pour diminuer la quantité d’encre déposée sur le support provoquant des problématiques de surcharge et de séchage on utilise du noir en plus des couleurs primaires, comme je vous le disais, le noir est la pour faciliter notre labeur. Cependant, vous lisez cet article devant un écran, un écran qui lui aussi reproduit les couleurs, et utilise un procédé tout autre. Les écrans utilisent un procédé de synthèse additive (définition) pour reproduire le spectre colorimétrique. C’est le RVB (rouge, vert, bleu) ou RGB (en anglais, red, green, blue). Le principe du RVB fonctionne par addition des lumières rouge, verte et bleue pour reproduire les couleurs dans un spectre de couleur voulu. L’absence de lumière donne du noir, l’addition des trois couleurs en proportion égales donne le blanc. La force des écrans est de pouvoir produire un plus grand nombre de couleurs que celles reproductibles en impression. Mais c’est aussi un problème, car si vous n’êtes pas attentif à votre flux de travail, vous ne pourrez jamais reproduire sur un quelconque support, vos créations, d’où une grande frustration. Des applications professionnelles comme Corel-Painter, les applications Adobe de la Créative Cloud et d’autres, permettent de travailler en RVB pour le confort des outils tout en ayant un visuel à l’écran des couleurs imprimable. La conversion en CMJN des fichiers se fait ensuite lors de l’export en fonction des supports d’impression.

Bien, j’espère que vous êtes toujours là. Si c’est le cas, c’est que vous aimez lire ou bien que j’ai su capter votre intérêt. Alors, loin de moi l’idée de vous interdire l’utilisation du noir et du blanc, c’est pratique facile et parfois incontournable. De plus en typographie web design et composition prépresse le noir et le blanc sont difficilement imputable, on y perdrait en confort de lecture. Mais dans la mesure du possible, en illustration, matte painting, et peinture, que cela soit naturel ou numérique, vous éviterez l’ajout de noir, privilégié les brins et violets sombres pour marquer vos ombres, le noir mal dosé à tendance à salir et alourdir les couleurs. De la même manière, sauf sujet de couleur blanche, la lumière reflétée n’est pas blanche, même si la source l’est, la lumière rebondie sur les surfaces et s’imprègne de la couleur du support. En fonction de l’ambiance voulue, choisissez des jaunes et oranges pour réchauffer la scène et vert et bleu pour la refroidir. Des lumières et reflets blancs vont assourdir les couleurs et casser les effets de perspectives atmosphériques.

Voilà pour cette première partie. Nous nous retrouverons dans une seconde partie, pour explorer concrètement les termes liés à la couleur avec nos outils numériques et traditionnels.

À bientôt

Une réponse

  1. Répondre
    Pascal
    11 Déc, 2014 - 13:06

    Bonjours,
    Très intéressant, je suis impatient de lire les autres chapitres.

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